Bulletin de information

 

L’idée d’un bulletin d’information est née dans le milieu des années soixante-dix de la nécessité de transmettre le résultat du travail sur Jean-Sébastien Bach et les informations à un rythme plus rapproché que les assemblées générales annuelles. Après le tournant politique de 1990, le projet put être mené à bien : le bulletin d’information paraît deux fois par an, en juin/juillet et en décembre. S’ouvrant sur un document littéraire consacré à Jean-Sébastien Bach, puis sur la Lettre du Président, on y trouve également, entre autres, les rubriques suivantes : Personalia, activités du Directoire et du Comité de Direction, protocole de la dernière assemblée générale, des informations générales

 

Savez-vous ce que Halldór Laxness (1902-1998) a écrit sur Jean-Sébastien Bach ?

Vers ma vingtième année, j’ai commencé à m’intéresser très à fond à Bach et j’ai suivi tout un été les cours de l’organiste Páll ?solfsson, afin d’apprendre à « phraser » le compositeur. Ce que j’ai appris auprès de Páll m’a ouvert l’accès non seulement au Maître, mais aussi à l’école qui l’a précédé, aux compositeurs italiens auprès de qui le grand génie allemand a fait ses premières armes et qu’il a surpassés par la suite. Lorsque je pars en voyage, je prends toujours avec moi les Préludes et Fugues et, à la sempiternelle question des journalistes : « Quel livre emporteriez-vous si vous deviez passer le reste de votre vie sur une île déserte ? », je réponds immanquablement et sans l’ombre d’une hésitation : « Le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach. » Presque toute ma vie, j’ai senti mon cœur battre plus fort à la seule évocation de son nom.
Halldór Laxness, I túninu heima [Sur la prairie derrière la maison] (Reykjavik, 1975).


La lettre du Président

 

Mesdames et Messieurs, chers Membres de la Neue Bachgesellschaft,

Que l’on sente son « cœur battre plus fort » à la seule évocation du nom de Jean-Sébastien Bach, n’est-ce pas là une belle déclaration d’amour à notre Maître ? Depuis l’hiver 1997/98, notre Bulletin s’ouvre sur une pensée que Bach a inspirée à un écrivain ou un journaliste. Dans celui-ci, vous allez trouver quelques lignes discrètes et bien ciblées dans l’immense œuvre littéraire d’Halldór Laxness, que l’on peut lire en conclusion d’un chapitre intitulé « Exercices musicaux » dans Auf der Hauswiese, un roman autobiographique (bien que se défendant  de l’être), publié en 1975.

Laxness, né Halldór Gu?jónsson en 1902 dans une ferme de la localité de Laxness près de Mosffelsbær en Islande, ne pense qu’à l’écriture. Jeune homme, il lit Freud et Nietzsche. En 1923, converti au catholicisme, il prend le nom de Kiljan et se retire dans un monastère bénédictin au Luxembourg, impressionné par l’humilité et l’oubli de soi qui caractérisent ceux qui se mettent à la « suite du Christ ». Il publie son premier roman en 1927, Le Grand Tisserand du Cachemire, qui le rend immédiatement célèbre. Avec Station atomique, qui paraît en 1948, il tente de protester contre la « vente de l’Islande aux Américains » : il craint en effet que son pays ne devienne la cible potentielle d’une guerre atomique ; c’est la raison pour laquelle on le soupçonne d’être sympathisant de l’Union soviétique. Mais c’est précisément ce livre qui lui vaut le Prix Nobel de Littérature en 1955. En Allemagne, ses idées de gauche font que seule la RDA s’intéresse à lui et le fait traduire. Mais à la suite des événements de 1956 en Hongrie et de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, il se détourne résolument de l’idéologie communiste. En 1996 seulement, une édition allemande de ses œuvres le fait connaître au grand public.

C’est plutôt tout à trac que Laxness en vient à parler de Bach dans son roman Auf der Hauswiese. Aux quelques rares dates biographiques qui nous sont communiquées, nous voyons que son intérêt pour Bach se manifeste à l’époque de sa quête intérieure. Mais manifestement, son professeur lui enseigne surtout le rapport musical de Bach aux compositeurs italiens : alors qu’il se trouve à Weimar, il se consacre, entre autres, aux arrangements des compositions de Vivaldi.

N’est-il pas intéressant d’apprendre que le professeur de piano de Laxness est Páll ?solfsson (1893-1974), qui comptait parmi les compositeurs et les pédagogues islandais les plus renommés ? Que, de 1913 à 1918, celui-ci avait étudié la composition à Leipzig auprès de Max Reger et l’orgue avec Karl Straube dont il avait suivi la classe de maître – et que c’est en cette qualité qu’il allait remplacer Straube lui-même à l’orgue de l’église Saint-Thomas, surtout à partir de 1916, lorsque Günther Ramin avait été incorporé comme engagé volontaire ? Il est indéniable qu’existait, à ce moment-là, une rivalité entre ?solfsson et Ramin à propos du remplacement permanent de Straube, et qu’?solfsson demanda en fin de compte personnellement à être dégagé de cette fonction qui revint alors à Ramin. Plus tard, Páll ?solfsson étudia encore à Paris, devint organiste de la cathédrale de Reykjavik, directeur du département de musique à la Radio islandaise, fondateur et directeur du Conservatoire.

L’année 2011 a été riche en événements pour notre association. Je vais revenir tout d’abord sur le 86e Festival Bach à Wetzlar, qui nous a laissé de bons souvenirs et a suscité de nombreuses réactions, des bonnes surtout, notamment en ce qui concerne le lien harmonieux créé entre la musique, la ville et Goethe. Je vous renvoie à l’article de Mme Näher (cf. page 13), qui a su très clairement rendre compte des détails et de l’impression générale. Je redis toute ma reconnaissance à MM. Eichhorn et Bomba, directeurs artistiques, et au maire de Wetzlar, M. Wolfram Dette, qui parrainait le festival.

Concernant la Fondation Jean-Sébastien Bach. Après la signature de l’acte notarié au mois de mai à Eisenach, le Directoire et le Comité de direction ont fait réunion commune le 13 octobre dernier. Un premier pas a donc été accompli. La fondation profitera d’une occasion favorable pour annoncer officiellement sa création, la constitution de ses instances dirigeantes et, surtout, les premiers projets qui vont retenir son attention et qui sont actuellement en pourparlers. J’aimerais adresser mes remerciements chaleureux à tous ceux qui ont bataillé à nos côtés pendant plus de dix ans, et ont aidé, à plus ou moins grande échelle, à ce que la fondation soit mise en œuvre et puisse agir. Nous disposons désormais d’un organe en mesure de contribuer substantiellement au financement des projets de la NBG. Elle n’aura pas avant longtemps la possibilité de publier le résultat de ses travaux, c’est donc le Bulletin d’informations de la NBG qui continuera à vous en informer.

J’ai le plaisir de congratuler deux collaborateurs de la Bachhaus Eisenach, qui ont fêté cette année leurs 25 ans de service : M. Uwe Fischer, qui veille sur les instruments de musique depuis le 1er septembre 1986 et Mme Gisela Bursitzke, qui est responsable des ventes depuis le 16 octobre 1986. Un quart de siècle : pour peu que l’on réfléchisse à cette durée, on imagine aisément ce que leur activité respective a connu de changements essentiels, surtout dans les premières années. Mais qu’une si longue relation perdure à une époque ou tout change et en période de chômage est aussi une preuve évidente de fidélité de part et d’autre. Nous les remercions tous deux vivement et leur souhaitons une bonne continuation.

Encore quelque chose d’important à propos de la Bachhaus. La Bachhaus vend des billets d’entrée comportant, au dos, un formulaire, avec adresse et signature, qui permet de s’inscrire de manière non conventionnelle à la NBG. Faites-le savoir autour de vous auprès de ceux qui prévoient de rendre visite à la Bachhaus Eisenach. Et aux fans de l’Internet qui vous diront qu’il y a longtemps qu’on peut le faire par ordinateur, je réponds que l’ordinateur n’en est pas encore à faire visiter la Bachhaus ! Je serais heureux si cet argument pouvait convaincre un maximum de gens à y venir. Car la Bachhaus mérite qu’on y revienne régulièrement. Et je rappelle que les membres de la NBG bénéficient d’un accès gratuit.

En 2012, c’est Görlitz qui attend le 87e Festival Bach. Ceux qui étaient présents à l’assemblée générale de Wetzlar ont encore en mémoire l’allocution amicale et très alléchante qu’y a prononcée le maire de Görlitz, M. Michael Wieler. Je me joins à lui pour vous inviter à venir nombreux à Görlitz. Je m’y suis récemment rendu avec ma femme, ma sœur et mon beau-frère. Nous voulions voir l’exposition « Via Regia » du Land de la Saxe, qui vivait ses derniers jours et présentait une série étonnante d’objets et de documents des plus intéressants, approchant au plus près de Bach et de sa période de Leipzig. Nul n’a pu encore aujourd’hui établir la preuve formelle de la présence de Bach à Görlitz, même s’il existe bien des raisons de le supposer. Ce thème sera certainement abordé au cours du festival.

L’année 2012 fêtera aussi les 800 ans de la Thomana. Cette fête sera placée sous le thème « Croire – Chanter – Apprendre » et retient toute l’attention de la NBG. Je demande donc à tous ses adhérents de se renseigner sur les diverses manifestations (festivals, concerts de musique festive, conférences et symposium).

Je leur recommande également les publications éditées à cette occasion, notamment le livre de Mme Sabine Näher à paraître prochainement (cf. page 46), ainsi que l’ouvrage que Stefan Altner et moi-même préparons.

Enfin, last but not least, je tiens à saluer ici quelques éminentes personnalités de notre association. M. Peter Roy, tout d’abord, à qui j’ai personnellement écrit pour son anniversaire (que j’ai oublié de mentionner dans le précédent Bulletin, une omission que je le prie expressément de me pardonner). M. Roy a le grand bonheur de fêter son anniversaire le même jour que notre grand patron. Depuis de nombreuses années, conseillé par son fils, il s’occupe bénévolement de notre site Internet et je l’en remercie particulièrement. Comme administrateur du site, il n’est pas seulement responsable de le tenir à jour, mais il est aussi en relation avec les traducteurs de nos textes en anglais et en français, ce qui demande une grande attention. Il est également assez souvent l’auteur d’articles pour notre Bulletin et est régulièrement présent, avec sa chère épouse, à nos festivals. Je me réjouis qu’il continue à travailler avec nous, même si la charge de président du Thomanerbund, qu’il vient d’accepter cette année, prendra beaucoup de son temps. À la fin du mois de juin, MM. Michael Rosenthal et Peter Wollny ont, eux aussi, célébré, le premier son 70e anniversaire et le second son 50e anniversaire. Quant à M. Reimar Bluth, il a fêté ses 70 ans aux derniers jours d’octobre. Je leur ai adressé mes félicitations à tous trois, par lettre, et les ai remerciés. Avec eux, les souvenirs ne manquent pas. En avril 1990, M. Rosenthal et moi-même avons pris ensemble des postes de direction importants. Il a également été parmi les premiers a lancer le projet d’une Fondation Jean-Sébastien Bach et a été mon adjoint durant un bref laps de temps. Avec un grand engagement, M. Bluth nous a rendu de très grands services au cours des deux décennies passées dans la préparation de nombreux festivals Bach. Quant à M. Wollny, il est notre jeune camarade de lutte au sein du Comité de direction. Je lui suis si reconnaissant pour les nombreuses années qu’il a consacrées à l’édition des Annales Bach que j’aimerais revenir en arrière et retenir un tant soit peu sa jeunesse.

Je vous souhaite à tous une très bonne année 2012.
Martin Petzoldt

 

La Fondation Jean-Sébastien Bach

Nous l’avons annoncé dans le Bulletin de juin : nous disposons maintenant de la reconnaissance officielle de la fondation par les autorités compétentes. Nous sommes heureux de voir enfin le bout d’un long chemin, parfois difficile à travers les diverses instances.
Les réunions pour la constitution du Directoire et du Conseil d’administration ont eu lieu le 13 octobre 2011 à Eisenach. MM. Petzoldt, Hansen et Lorenz ont accepté leur fonction au directoire. MM. Güttler, Keller, Rosenthal et Straß se sont quant à eux engagés à collaborer au Conseil d’administration et sont convenus des premières tâches. Nous serons en mesure de vous informer en 2012 sur la manière dont sera gérée la fondation et sur les projets qu’elle soutiendra. Grâce à deux héritages et dons importants, pour lesquels nous sommes très reconnaissants, le capital de la fondation s’élève actuellement à 160 000 €.
Eberhard Lorenz



ACTIVITÉS DU DIRECTOIRE ET DU COMITÉ DE DIRECTION

 

Le Festival Bach 2012 à Görlitz

Mesdames et Messieurs, chers amis de la musique de Bach,
La ville européenne de Görlitz-Zgorzelec se réjouit déjà de l’événement qui va marquer pour elle l’année 2012 : le 87e Festival Bach de la Neue Bachgesellschaft, qu’elle organise et qui aura pour thème « La Réforme et la musique » - un thème qui s’intègre dans la « Décennie Luther 2008-2017 », au milieu de laquelle le festival sera un point culminant plein de charme et invitera de nombreux touristes à faire étape à Görlitz.
Des grands noms de la scène internationale, de nombreuses institutions de la ville et de la région, des ensembles et des artistes en tous genres feront vivre l’œuvre de Bach sous toutes ses facettes et permettront au public de découvrir la richesse culturelle de notre contrée. Mais la musique ne sera pas seule au rendez-vous. On pourra approcher la création de Bach dans d’autres domaines, et à partir de perspectives radicalement différentes. Venez à Görlitz, mettez-vous en route pour un voyage captivant à la rencontre de Bach et réjouissez-vous à l’avance des moments inoubliables que vous réserve le Festival Bach 2012 dans notre ville.
Très cordialement.
Michael Wieler
Maire de Görlitz et gérant de la Görlitzer Kulturservicegesellschaft

 

Le concept du Festival Bach 2012

Le Festival Bach 2012 et la Décennie Luther 2008-2017

Le 87e Festival Bach de la NBG se tiendra entre le 7 et le 16 septembre 2012. Le thème retenu s’inscrit dans le cadre de la Décennie Luther 2008-2017, que coordonne et met en valeur le bureau de l’Église évangélique allemande de Wittenberg. La communauté évangélique voit donc dans ce choix un motif supplémentaire de s’engager dans l’organisation du festival et de profiter aussi des manifestations qui auront lieu à cette occasion. M. Hans-Wilhelm Pietz, évêque du diocèse de Görlitz de l’Église évangélique Berlin-Brandebourg-Haute Lusace silésienne, a d’ores et déjà promis son soutien.

  1. Le Festival Bach 2012 : un projet de travail en réseau

Le 10 février 2010, le conseil municipal de Görlitz a décidé de confier à la Kulturservicegesellschaft de Görlitz (société de service culturel) la coordination du Festival Bach 2012. Compte tenu des possibilités de la ville et de sa région, son organisation est fondée sur un concept de travail en réseau. De nombreux protagonistes participent à l’ensemble du projet en apportant leurs propres contributions et assument également la plus grosse part du financement de leurs manifestations. Actuellement, il est déjà prévu quarante manifestations, dont l’intégration totale de la Semaine Bach annuelle.
À l’heure actuelle, 40 manifestations sont déjà programmées. La société coordinatrice Kulturservicegesellschaft prend en charge l’organisation dans son ensemble, ainsi que le travail de relations publiques (impression des programmes, publicité sur et dans les médias, distribution, etc.). Une coopération étroite s’est engagée avec la société de marketing, Ville européenne de Görlitz-Zgorzelec, afin de faire connaître au mieux le festival au-delà même de la région.

 

  1. Le Festival Bach à Görlitz-Zgorzelec

Dans le cadre de ses activités coordinatrices, la société Kulturservicegesellschaft a tout de suite aspiré à étendre l’espace et la teneur du Festival Bach 2012 à Zgorzelec, la partie polonaise de la ville européenne. Grâce au soutien de l’administration municipale de Zgorzelec, deux projets ont déjà pu être développés dans ce secteur. D’une part, organisé par la Staatliche Musikschule de Zgorzelec, un concours réservé aux enfants et aux adolescents aura lieu en mai sur le thème « La vie et la création de Bach ». D’autre part, des petits concerts Bach seront donnés chaque jour à la Bonifaziuskirche, durant toute la période du festival. D’autres projets sont actuellement à l’étude. Cette participation de la ville de Zgorzelec permet aussi d’envisager un partage des activités dans le domaine de la publicité et de la communication, l’objectif étant de porter le festival à la connaissance du public de part et d’autre de la frontière, et de s’unir pour le mettre en œuvre et le fêter.

 

La disparition d’Alfred Dürr, membre d’honneur de la Neue Bachgesellschaft

Comme nul autre ou presque, le nom d’Alfred Dürr est associé à la recherche sur Bach de la seconde moitié du XXe siècle, et en particulier à la Nouvelle Édition Bach, dont le premier volume a été édité en 1954. Ce sont le Bach-Archiv de Leipzig et le Johann-Sebastian-Bach-Institut de Göttingen, où il entre peu après sa création en 1951, qui prennent en commun l’initiative de cette édition. Ces deux institutions et leurs collaborateurs s’unissent ainsi au-delà des difficultés imposées par la division de l’Allemagne, pour réaliser une œuvre qui ne saurait être mieux définie que par les mots qui figurent à la dernière page du premier volume de la Nouvelle Édition Bach : Dona nobis pacem.

L’œuvre d’Alfred Dürr, c’est aussi son long engagement pour la Neue Bachgesellschaft : il fait partie du Comité de direction de 1951 à 1996 et du Conseil d’administration à partir de 1962, et, en 1997, il est nommé membre d’honneur. De 1953 à 1974, lui incombe également l’édition des Annales Bach, une tâche qu’il accomplit avec Werner Neumann (Leipzig). Ce sont des années extrêmement difficiles sur le plan politique, durant lesquelles il faut également lutter contre la volonté de la RDA de dissoudre la Neue Bachgesellschaft. Dürr et Neumann parviennent néanmoins à maintenir leurs échanges, en dépit d’un contrôle très strict, veillant, comme le feront aussi leurs successeurs, au caractère purement scientifique, libre de toute idéologie, de cet outil important de la recherche sur la vie et l’œuvre de Jean-Sébastien Bach.

Alfred Dürr nous a quittés le 7 avril, un mois après avoir fêté son 93e anniversaire, et a été inhumé à Göttingen. C’est le pasteur Joachim Stalmann, compagnon de route depuis de longues années, qui a célébré l’office funèbre. Il a rejoint sa femme, compagne fidèle dans tous les sens du terme, presque toujours présente à ses côtés, lorsqu’il donnait une conférence, participait à un congrès ; si fortement au service de la cause de son mari qu’elle savait aussi insuffler à chaque rencontre un caractère amical. Durant les années de division de l’Allemagne notamment, quand les collègues de l’Est dépendaient dans une certaine mesure des visites de ceux de l’Ouest, la venue du couple Dürr était, pour nombre d’entre eux, un moment privilégié, une sorte de festival Bach personnel. De son christianisme, Alfred Dürr n’a jamais fait mystère, même s’il différenciait nettement les connaissances scientifiques et ses convictions croyantes personnelles. On lui doit donc de terminer cet hommage en citant l’aria de la cantate de Pâques BWV 31, dont il a fait un rapport critique il y a exactement vingt-cinq ans dans le volume 9 série 1 de la NBA :
Letzte Stunde, brich herein, / Mir die Augen zuzudrücken ! / Laß mich Jesu Freudenschein / Und sein helles Licht erblicken, / Laß mich Engeln ähnlich sein! / Letzte Stunde, brich herein ! (Arrive donc, dernière heure, / viens me fermer les yeux ! / Fais-moi apercevoir la joie de Jésus / et sa claire lumière ! / Rends-moi semblable aux anges ! / Arrive donc, dernière heure !)

Nous vous remercions, Alfred Dürr, pour votre vie si riche et votre action.
Martin Petzoldt



Au debut